logo

QUAND QUELQU’UN BOUGE

Quand quelqu’un bouge, il devient acteur, il devient celui qui fait et questionne la place qui lui est attribuée, il est celui qui prend la liberté de ses mouvements. C’est quand quelqu’un bouge qu’il sait d’où il vient. Quand quelqu’un bouge, le monde tourne plus vite, les rencontres se démultiplient.

Quand quelqu’un bouge, les immobiles disent qu’il fuit ; Jacques Brel nous l’a soufflé.
C’est de nos visions du monde qu’il s’agit, cinq hommes et une femme, de nos visions du cirque d’hier et d’aujourd’hui. Se dessine là un autre monde, qui va conter, du haut d’une scène perchée, d’autres cirques, d’autres vies, qui bougent et qui tiennent en équilibre.

On va danser en petits pas cadencés alors que l’heure est grave, pour finalement revenir au cirque. Sur la piste il y a des bascules. Une robe aux « paillettes mal cousues, emblème délicat du cirque ». Il y a des tapis ramenés de voyage, ici ils tracent un chemin, là, un cube transformiste. Une Gibson from Nashville Tenessee. C’est la déroute qui fait la route, l’effraction qui fait la règle.

Dans un numéro géant de bascule hongroise,
A démêler le vrai du faux, tous ils pavoisent.
Telles des étoiles lumineuses ils s’envolent,
Décrivant de longues, gracieuses paraboles
Où ils se croisent encore dans leur course folle.
Dans une ambiance rock qui part au quart de tour,
Leur sacrée mise en scène vaut bien le détour.
C’est un époustouflant numéro de calcul
Sophistiqué que leur incroyable bascule.
La mécanique humaine minutieusement
Huilée entraîne dans un monde fascinant
Que « de Rue et de Cirque, Coopérative »,
Dévoile tout à coup de façon explosive.
Un voyage à décrypter,
Entre parchemin griffé
D’écriture à déchirer,
Et tapis à enrouler
Autour de corps enrôlés
Dans un espace envoûté
Où tous ces équilibristes tutoient le ciel
Et le transcendent en une pluie d’étincelles.

Béatrice Chaland /b.c.lerideaurouge

credits photos : Claudio Caldas / Louise Guiaume

Date: mars 18, 2016